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« ANN KANPE pou Yon lòt vètyè », exhorte le mouvement universitaire ANN KANPE aux jeunes du pays

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Haïti Standard, le 23 Novembre 2021.-

« ANN KANPE pou Yon lòt vètyè », c’est sur ce thème que le mouvement de l’Université, connu sur le  nom de ANN KANPE, a célébré ce jeudi 18 novembre 2021, les 218 années de la bataille de vertières, dans le département de l’Ouest, du Sud, du Sud Est et de l’Artibonite. Cette histoire nous rappelle cette grande bataille près du Cap -Haïtien appelée autre fois Cap -Français, qui conduisit à la victoire finale de la troupe comandée par le père de notre patrie, le général Jean- Jacques Dessalines sur celle du général Rochambeau, et la création de la nation Haïtienne au premier janvier 1804.

Des réfléxions sur les rapports de causalité des évènements marquants notre histoire de peuple et de la réalité haïtienne d’aujourd’hui, l’urgent besoin des jeunes d’être encouragés et accompagnés pour faire un front commun afin d’influencer leur situation commune, la nécessité d’un engagement des Organisations de la Société Civile, ces derniers points ont été au cœur de cette initiative trop longtemps oubliée en Haïti. Alors que la tradition de célébrer les dates historiques est, depuis belle lurette, boycottée et remplacée par l’organisation de manifestation, ces jeunes voulaient échanger, réfléchir avec leurs pairs afin de trouver un moyen rationnel de procéder à une nouvelle victoire qui relèvera Haïti une nouvelle et dernière fois, de son état déplorable dû à un ensemble de crises récurrentes.D’oú le thème : ANN KANPE pou yon lòt Vètyè.

Selon ces jeunes, ils trouvent indispensable de commémorer ces dates non seulement parce qu’il faut rappeler, à chaque fois, aux générations succcedantes, la prouesse, le courage, le patriotisme de nos aïeux qui ont œuvré à l’indépendance, mais aussi, pour les encourager à cultiver ces mêmes valeurs pour dégager une synergie afin d’ôter Haïti de cet profond abîme.

Ces jeunes , conscients des problèmes criants qui sont au cœur de la crise haïtienne, admettent qu’il faut un renversement de la situation. À cet effet, il leur faut un engagement non moins constant afin d’inciter les autorités à prendre leur responsabilité. Toutefois, ils prônent un dialogue entre haïtiens, un plan inclusif pour un progrès réel et durable au profit de chacun indépendamment de son origine ou de son appartenance sociale en Haïti.

Au cours de cette journée, des conférences débats, projection de film-documentaires haïtiens et prestations culturelles ont été au grand menu offert par ce mouvement qui semble s’écarter des mouvements traditionnels qui sont très souvent trop circonstanciels.

Ils promettent de continuer avec cette série d’activités afin de sensibiliser la population, notamment la majorité des jeunes qu’ils invitent à ne pas fuir Haïti, mais plutôt à s’engager dans cette lutte

inlassable, à la manière des anciens esclaves, afin d’accoucher l’Haïti dont ils rêvent. Ils avancent comme argument qu’ils sont plus nombreux à travers le pays et les moyens d’influencer les choses sont beaucoup plus disponibles et pertinents aujourd’hui qu’à la période esclavagiste. « ce qui nous manque, c’est l’union » martèle Romeo, un étudiant à l’Université d’État d’Haïti, l’un des initiateurs de cette activité. Conscients de la nécessité et de l’importance du fait de tisser les liens pour un nouvel ordre social en Haïti, ANN KANPE croit que nous périrons tous, faute de cette union nationale. C’est en ce sens que ledit mouvement compte s’implanter dans les autres départements où il n’a pas encore de représentation.

Des activités marquant les dates précieuses en Haïti, des séminaires de formation, des recherches relatives aux conditions de vie des haïtiens, des cris alarmant les conjonctures défavorables au peuple haïtien, sont d’intérêt particulier pour ces jeunes qui, depuis janvier 2021, se consacrent profondément à la lutte pour un vrai changement en Haïti.

Membre du Conseil National de la Société Civile Ayitienne (CNSCA) qui s’inscrit dans un nouveau paradigme dit institutionnel de la société civile en Haïti, ANN KANPE se dit déjà en préparation pour marquer la journée internationale des droits de l’Homme le 10 décembre prochain. À noter qu’Haïti, en ce moment, connait une situation de détresse sans pareil qui requiert un engagement profond et durable de toutes les forces vives de la nation toute entière.

ANN KANPE