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Assassinat de Jovenel Moïse : Rodolphe Jaar aurait fait des aveux au New-York Times

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Haïti Standard, le 10 janvier 2022.-

Arrêté le 7 janvier dernier en République Dominicaine par les autorités locales suivant des informations fournies par le Bureau Fédéral des Investigations (FBI) qui les ont obtenues de Mario Antonio Palacios Palacios, l’homme d’affaires haïtien et ancien trafiquant de drogue, Rodolphe Jaar, a admis avoir aidé à financer et à planifier l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Dans un article paru dans le journal américain « New York Times », le 10 janvier 2022, peut-on lire que Rodolphe Jaar a affirmé avoir été recruté fin mai 2021 par Joseph Félix Badio, par l’intermédiaire d’un ami commun. Aussi, a-t-il reconnu avoir financé les comploteurs à hauteur de 130 mille dollars américain, aidé à trouver les armes et fourni la maison qui a abrité 21 mercenaires colombiens. Ce, avec l’espoir d’obtenir un traitement commercial préférentiel de la part du nouveau gouvernement.

Nouveau rebondissement dans l'assassinat de Jovenel Moïse, Mario Antonio Palacios Palacios arrêté à nouveau
Avis de recherche émis par la Police nationale d’Haïti (PNH) à l’encontre de Mario Antonio Palacios Palacios

Toutefois, l’ancien narcotrafiquant haïtien a précisé qu’il croyait que le but du complot avait été de destituer, pas de tuer, le président ; du moins c’est ce qu’on lui avait fait comprendre. Il avoue avoir été pris dans un jeu politique plus large qu’il ne comprend toujours pas entièrement.

Selon Rodolphe Jaar,  le plan initial était que le groupe dénommé « Phantom 509 » devait mener l’assaut contre la résidence présidentielle et forcer Jovenel Moïse a signé sa lettre de démission pour l’arrêter par la suite. Mais le chef du Phantom 509 a refusé d’exécuter le plan, une semaine avant la date butoire, révèle Rodolphe Jaar.

Quant aux anciens soldats colombiens, ils étaient présents en Haïti pour assurer la sécurité du successeur du président. Successeur qui n’est d’autre que la juge Wendelle Coq Thélot. « Mais tout a changé », a reconnu l’homme d’affaires qui avoue ne pas reconnaître à quel moment ça a été fait…

"Tuer tous ceux qui se trouvaient dans la résidence présidentielle", la mission initiale des assassins de Jovenel Moïse
Vue partielle des mercenaires arrêtés par la police, dans le cadre des opérations visant à retrouver les assassins du Président de la République Jovenel Moïse (photo internet)

Enfin, Rodolphe Jaar a fait savoir au journal américain que le premier ministre Ariel Henry était en contact avec Joseph Félix Badio avant, le jour de l’assassinat, et même quelques mois après. Le donneur d’ordre Joseph Félix Badio a même rendu visite à deux (2) reprises au chef de la primature dans la résidence officielle de ce dernier, en toute quiétude.

Il a aussi indiqué que l’actuel chef de la police nationale d’Haïti (PNH), Frantz Elbé, avait été au courant du complot et qu’il avait choisi de ne rien faire. Joseph Félix Badio avait contacté Frantz Elbé pour l’aider à se procurer des armes, alors qu’il était conseiller principal de l’institution policière à cette époque. Bien qu’il n’avait pas livré les armes, mais il n’a pas non plus dénoncé Joseph Félix Badio.

Révocation de 3 hauts fonctionnaires d’État : le premier ministre de facto Ariel Henry montre ses dents
Le premier ministre de facto, Dr Ariel Henry (photo internet)

En somme, ces aveux risquent de plonger davantage le pays déjà troublé dans le désarroi, avec nombre de ses institutions publiques en lambeaux, une capitale assiégée par des gangs, une économie en effondrement et la fin du mandat des quelques dirigeants qui restaient dans le pays se battent pour le contrôle du pouvoir.

HS/Haïti standard