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Attaque contre des agents de l’USGPN à Morne à cabri : entre théâtre et diversion

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Haïti standard, le 25 décembre 2020.-

Après le « kidnapping » de la fille de l’ancien député Gérard Evans Beaubrun et ex femme du commandant de l’Unité de la sécurité générale du Palais national (USGPN), Maritza Beaubrun, une information relayée par la rédaction de Haïti standard, les commentaires allaient pleuvoir sur la façon dont la « victime » avait résumé la situation, après sa libération. Selon la plupart des commentaires, Maritza Beaubrun n’avait pas été enlevée. Elle s’était juste rendue à une pique-nique entre amis.

Quelques temps plus tard soit dans la nuit du 21 au 22 décembre 2020, ce sont les agents de l’USGPN, eux-mêmes, qui allaient être les auteurs de la pièce dont l’acte II s’était déroulé à Morne à cabri. Comment huit (8) agents d’une unité d’élite de l’institution policière, de surcroît membres de la garde du Président de la République, Jovenel Moïse, en mission pour la présidence, pourraient être désarmés et humiliés sans qu’un coup de feu ne soit tiré ? S’interrogent des observateurs de la situation sociopolitique du pays.

À entendre le directeur général de l’Agence nationale des aires protégées (ANAP), Jeantel Joseph, seulement quatre (4) agents de la Brigade de surveillance des aires protégées (BSAP), accusés dans l’affaire, étaient au poste situé à Morne à cabri. Le directeur général a même recommandé l’ouverture d’une enquête par les autorités compétentes sur ce dossier.

D’où venaient les 40 individus armés qui avaient attaqué les agents de l’USGPN? Des sources non officielles ont fait part des membres du gang dénommé « 400 mawozo » qui auraient perpétré cet acte. Une attaque non revendiquée, à date, par ce gang opérant dans la plaine du Cul-de-sac. Où les membres de ce gang ont trouvé des uniformes (vert olive) pour permettre à cette « armée » de mener cette attaque? Pourquoi la garde présidentielle avait refusé de se battre, en attendant l’arrivée de renforts? Autant de question qui méritent d’être posés.

Et s’il s’agissait de l’argent, des armes, des munitions et équipements que la présidence aurait envoyé aux membres de ce gang. Cette piste est à considérer, car c’est une pratique constante aux gouvernements haïtiens qui se sont succédé notamment après 1986 d’armer et/ou d’équiper des bandits pour terroriser la population et les aider à conserver le pouvoir.

Une enquête, si enquête il y en aura, qui se poursuit… Ainsi va la République dirigée par l’homme banane !

Michel Antoine
Journaliste & juriste
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