Crise sociale et politique : un regard peut-il convaincre ?

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Ce texte publié sur le site internet de Haïti standard émane de l’un de nos lecteurs. Il n’engage que son auteur animé du désir de partager ses idées et réflexions avec nos lecteurs et lectrices.

Depuis plus d’un mois, le pays est confronté à une cruelle crise sociale et politique. Rien ne fonctionne à “merveille” : les universités, les institutions publiques et privées. Dans les hôpitaux, les malades continuent à mourir, et les bandits pullulent dans les rues. En ce moment, ce qui fonctionne c’est la revendication de la population pour le départ du Président Jovenel Moïse. Semi-inconscient, le Chef de l’État semble faire la sourdre oreille avec un orgueilleux courage.

Plus d’un mois, la misère a jeté des milliers de personnes dans les rues. Elles demandent le départ du Président Jovenel Moïse. Qui, selon la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA), serait impliqué dans le détournement du fond PetroCaribe et indirectement dans le massacre de la Salline (Port-au-Prince), promesse non tenue, violation constitutionnelle, arrogance excessive, projet farfelu, immoralité, etc…

Selon des manifestants, Jovenel Moïse est le Président le plus incompétent et le plus corrompu qu’Haïti ait connu. Ses interminables discours sont toujours semblable “bouyon rechofe” (déjà entendu). Que doit-on attendre d’un Président qui promet des choses fictives. Voilà ce qu’affirme un militant qui a préféré garder l’anonymat.

“C’est comme si le Président dirige le pays avec des discours, des conférences et des verbes. Des verbes qui ne sont même pas convaincants. N’est-il pas une fierté d’être élu Président de la première République noire du monde avec l’approbation d’un peuple qui hèle vive Jovnel, dommage que ce peuple naïf se trompe encore une fois sur un homme indubitablement sans humanité”.

L’opposition quant à elle continue d’arrache-pied la mobilisation, sans trêve, sans dialogue pour une possible continuation du gouvernement. La liberté d’expression est réprimée. Les écrivains, les musiciens, les étudiants, les journalistes même les enfants. Tout récemment, à Carrefour Vincent en plaine une foule d’enfants a chanté “pote kòd pote kòd pou n mare Jomo” que dirige Jovenel Moïse ?

Le président ne dirige rien, même pas lui. Peut-on laisser diriger un Président qui ne respecte pas les institutions publiques de son pays ? Peut-on laisser diriger un Président qui a nommé une cinquantaine de juges corrompus ? Le peuple dit NON, malgré les répressions sanglantes.

Quelle sera la finalité de la crise actuelle ? Sans coup férir la finalité sera victorieuse pour le peuple haïtien. Il continue de manifester en guettant les politiciens traditionnels. D’ailleurs d’autre question commence à se murmurer dans les foules, “kilè yap fè yon odit sou ONA?”

Cela fait plusieurs fois que le Président nous demande de le regarder dans les yeux. C’est dommage monsieur le Président, nous ne vous regardons pas dans vos yeux mais dans votre âme. Et votre âme ne saurait nous convaincre. Vous avez trahi l’espoir d’un peuple et d’un pays. Vous êtes qu’une simple marionnette aux intérêts des blancs.

Ricot Marc Sony

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