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Droits de l’homme, droit de l’état…

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La lutte contre le coronavirus illustre la difficulté de trouver une assise unique des droits de l’homme et l’impossibilité de les imposer comme on le prétend à tous peuples. Deux concepts classiques et basiques du droit international de l’homme peuvent, en ces temps de crise montrer la tension entre l’autonomie individuelle et l’autonomie collective et donner une leçon aux décideurs du monde entier.

La lutte contre la pandémie autorise à méconnaître la liberté d’aller et venir, la souveraineté individuelle au mépris de la logique cartésienne d’individus doués de raison, retrouvée dans la conception française des droits de l’homme de 1789. D’un côté, l’État rejette l’idée d’individus rois et impose le confinement au mépris de la liberté individuelle. De l’autre, les États ferment leurs frontières en adoptant des mesures strictes de contrôle de leur territoire. Les individus sont protégés contre leur propre volonté, ils sont contraints disons mieux. C’est d’ailleurs pas nouveau cette remise en cause de la liberté individuelle au nom de quelque chose qui soit supérieur, la dignité en a l’habitude.
Il faut comprendre que les circonstances doivent être prises en compte malgré la prétention universaliste des droits de l’homme. Un réexamen doit être toujours réalisé pour adapter, améliorer et sauver des vies. Le confinement et la fermeture des frontières en sont des rappels…en 2020, l’État règne encore en maître.


Il est du devoir de chaque État d’ interpréter les droits de l’homme et d’adopter des mesures répondant à leurs besoins spécifiques. Aucune conception importée n’est une panacée. Il semble impossible aux droits de l’homme de s’exprimer dans le même langage partout. Le pire, le langage d’aujourd’hui ne sera pas celui de demain

Dirigeants de mon pays, suivez mon regard…

Saginot DESHOMMES