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Entre synergie à travers une Société Civile forte et progressiste et un changement systémique en Haïti

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Haïti Standard, le 22 Novembre 2021.-

Il ne serait pas judicieux que l’Etat puisse constituer la seule force de la nation et chargé en exclusivité, de son seul destin à bon ou à mauvais sort. Le rythme social, conjugué par l’aspiration multiple des individus et des différents groupes sociaux est, pour tout contrat social, l’instrument de mesure de l’efficacité de la superstructure. Ainsi, la virulence du comportement des gens insatisfaits, frustrés aujourd’hui en Haïti témoigne de la chute des secteurs ou, dans un sens plus restreint, des différents acteurs opérant à travers les Organisations de la Société Civile (OSC).

Malgré cette situation, la multiplication à grande echelle de ces dernières ne paraît pas moins importante. En ce sens, nous ne pouvons pas ignorer l’apparition de nouvelles structures ou le fait par certaines de se métamorphoser. Sans vouloir nous bercer d’illusion, cela varie théoriquement en fonction de l’évolution des besoins, de la prise de conscience des individus qui s’y adhèrent en formant des entités minoritaires pour la revendication de leur place dans les activités ordinaires de la vie sociale, sans oublier, en dernier lieu, la poursuite du bien-être collectif, très déterminant pour le bonheur et la dignité de tous, ce qui unit au delà des divergences ou de la diversité proprement dite.

En effet, il est supposé que la présence de ces organisations ne peut pas être sans conséquences sur le tissu social qui est censé être bien compact. En ce sens, elles ne sauraient avoir une force probante, une valeur représentative, qu’à partir de l’existence d’un espace commun qui les lie: « la Société Civile (SC) » comme un tout organisé.

Etant un contre pouvoir par rapport à celui que constitue l’Etat, elle est l’expression la plus vivante, la plus palpable du contrat entre les citoyens et les dirigeants, qui sont soumis aux pressions pour la satisfaction de l’intérêt général et à l’obligation de reddition des comptes. En d’autres termes, elle est le dernier rempart de la société en général et des différents secteurs en particulier. Elle est le garant même des valeurs de la démocratie et des droits fondamentaux, voire, des droits-revendications.

La finalité des OSC qui sont d’ailleurs, auto-organisées, ne saurait s’articuler qu’autour des nécéssités de garantir un bien être individuel ou collectif, relativement à un domaine d’intervention social déterminé. Dans un esprit mutuel de solidarité et de dialogue pour un développement inclusif, l’expression d’une union institutionnelle, stratégique et opérationnelle, malgré la diversité des principales revendications, elles doivent constituer une véritable force indispensable à l’efficacité de la Société Civile comme institution et le maintien permanent de l’Etat.

En effet, cette dernière, dans sa singularité, voit son influence dépend de la qualité des citoyens, de leur mode de penser, de leur aspiration collective, de leur participation active dans le sens d’un progrès inclusif bénéfique à tous, notamment les minorités qui sont censées s’organiser pour la garantie et le respect de leurs droits-revendications qui matérialisent l’idéal d’une société juste et équilibrée.
Elle est la pierre angulaire du développement participatif à travers toute société en plein essor économique. Car, la satisfaction des revendications de la population passe avant tout par le biais de la vivacité et la dynamicité des OSC qui la constituent.

Il est vrai qu’elle est historiquement marquée par des clivages, des luttes intestines entre des antagonistes parfois considérés comme irréconciliables et anti-harmonie. Cependant, au delà des divergences, les intérêts nationaux les rassemblent autour des besoins devant être satisfaits ou lorsque l’Etat s’y montre réticent ou indifférent. Ces problèmes handicapent profondément l’ordre structurel et fonctionnel de ces groupes. Ils sont désorientés et devenus incapables d’émettre les pressions pouvant influencer les politiques gouvernementales dans un sens favorable aux intérêts fondamentaux de la population.

Cela entraine la chute considérable du système (la SC), du fait de la décadence de leur cadre structurel, la fuite de leurs valeurs fondamentales et la violation des règles et des principes généraux qui y sont prévus. Brièvement, nous pouvons mentionner:
Le biais de la raison d’être des ONG dont le fonctionnement non contrôlé par l’Etat, favorise leur persistance dans une course effrénée vers l’argent, que du souci de venir en aide aux personnes nécessiteuses.

Les syndicats et organisations de professionnels, qui se laissent souvent trainés par l’ordre des détenteurs de postes politiques. Cette brèche contrarie intrinsèquement l’exercice de leurs activités et engloutit leurs principales revendications.

Concernant les entreprises sociales qui devraient garantir aux intéressés une aisance sociale dans leur vie quotidienne, elles concourent discrètement à des profits par le biais de juteux contrats qui leur procurent des avantages peu scrupuleux.

En dernier lieu, nous pouvons évoquer la défaillance des organisations sociales ayant pour mission de veiller à la satisfaction des besoins de la population notamment, des minorités qu’elles représentent.

Malheureusement, elles se heurtent au manque de moyens nécessaires pour remplir leurs missions. Cela accroît leur dépendance par rapport à la classe politique manipulatrice et les rend moins soucieuses du bien-être collectif, ce qui les prive de toute liberté et paradoxalement, de leur essence.

Cependant, la liberté et l’indépendance des OSC demeurent une condition sine qua non pour leur survie, néanmoins qu’elles se renforcent au sein d’une structure globale formelle.

Ainsi, devons-nous réhabiliter le système et, pour le plus, l’adapter par rapport aux besoins de l’heure.

En ce sens, en tant que jeune structure, engagée dans la bataille pour un changement réel et durable en Haïti, *ANN KANPE* traduit une véritable symbiose de l’Université haïtienne à cet effet. Ce mouvement croit nécéssaire de lancer le vibrant appel que plus d’un, caresse de l’intérieur afin de procéder au renforcement du « Conseil National de la Société Civile Ayitienne » qui unit les OSC pour une alternative commune haïtienne.

Il est essentiel et urgent car, il faut établir une liaison, une parfaite connection entre ces dernières. Aussi, il leur faut, comme dans tout autre pays, une place importante dans l’orientation sociale et économique par rapport aux pressions maximales devant être exercées sur l’Etat, dans ce contexte où il est devenu totalement impuissant et inefficace. En outre, avoir à proposer un projet commun inclusif à la nation, mais aussi et surtout, donner un ‘caractère institutionnel à la Société Civile en Haïti ».

En ce sens, leur contribution s’avèrerait enrichissante à travers un partenariat sincère, honnête et constructif.

D’abord, le fonctionnement de manière isolée des OSC rend le processus d’accompagnement des groupes ou des personnes vulnérables moins facile. Ensuite, il fait obstacle à leur influence par la concurrence et l’opposition irrationnelle. Paradoxalement, elle raccourcit le seuil de leur représentativité et laisse à la politique la possibilité de définir les tenants et aboutissants relatifs à la participation de la Société Civile dans les affaires du pays. Cela témoigne de l’inertie ou de l’inexistence même des OSC et non de l’échec de la SC en tant qu’institution formelle.

Si la Société Civile est faible, l’Etat sera faible, pourtant, si elle est forte, ce dernier sera fort, dit-on. Cette déduction est tributaire du rapport entre ces deux acteurs clés qui favorisent à chaque action, le mouvement de la barre sociale sur laquelle sont branchées l’économie, la politique et la justice dans toute société qui se veut être juste et equilibrée. Pour assister à l’efficacité certaine de l’Etat, la Société Civile doit d’abord se renforcer. Il est de la responsabilité de chaque acteur des OSC de quelque soit le domaine d’activité, à l’intérieur de l’espace créé à cet effet, de constituer le poids devant influencer les décisions en faveur de tous.

Pour une Société Civile forte et Progressiste

AN N KANPE