Kidnapping : la population aux abois, la PNH perd le contrôle et crie à l’ “intoxication”

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Haïti standard, le 9 février 2020.- Le porte-parole de la Police nationale d’Haïti (PNH) et le responsable de police au niveau de la commune de Delmas, respectivement Michel-Ange Louis Jeune et Kéther Marcelin ont dénoncé ce qu’ils appellent l’ “intoxication” de certains médias par rapport au kidnapping qui fait rage, ces derniers temps, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, entre autres.

Au cours d’une conférence de presse donnée le 6 février 2020, les deux (2) officiers de police ont soutenu fermement que la “réalité du kidnapping” n’est pas ce que diffusent les réseaux sociaux et certains médias de la place.

Pour preuve, le porte-parole de la PNH a rappelé que durant la fin du mois de janvier seulement deux (2) personnes avaient réclamé un certificat de plainte au commissariat de Delmas. Ce, après avoir indiqué qu’elles ont été victimes de kidnapping.

Après cette conférence de presse, des citoyens n’ont pas cessé de se demander si ces responsables de police n’ont pas en train de se tirer chacun une balle dans leurs pieds. Comment des officiers de police osent-ils parler d’intoxication par rapport à un tel phénomène qui gangrène la Capitale? Des institutions publiques et privées qui évoluaient au centre-ville de Port-au-Prince n’ont-elles pas abandonné le bas de la ville à cause de l’insécurité?

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Récemment, un entrepreneur dont deux (2) proches ont été kidnappés a confié à un reporteur de Haïti standard qu’il s’était rendu à la cellule anti-enlèvement de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), pour en informer les autorités, au détriment des kidnappeurs. Les responsables de ladite cellule avaient déclaré à l’entrepreneur, nous citons celui-ci, qu’il ferait mieux de négocier avec les ravisseurs, afin d’obtenir la libération des otages parce qu’ils n’ont pas les moyens à la DCPJ pour extraire les victimes.

D’autant plus, il est recommandé après un enlèvement de ne pas communiquer à travers les médias, pour ne pas fragiliser les otages. Les responsables de police le savent mieux que quiconque. Un fonctionnaire de l’État travaillant au ministère de la communication n’est-il pas porté disparu après un enlèvement à Delmas? Les parents et amis de ce fonctionnaire ont déjà donné une rançon aux ravisseurs qui n’ont pas encore libéré la victime. Que fait la police? N’a-t-elle pas été informée de ce kidnapping?

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Les responsables de l’institution policière sont invités à descendre sur terre. Le kidnapping est réel messieurs les officiers de police. Toutes les couches sociales en sont victimes. Au lieu de tacler les médias, les responsables de la PNH sont invités à traquer les bandits armés qui défient les forces de l’ordre et contraints les institutions publiques à fuir le centre-ville.

Michel Antoine
Juriste/journaliste
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