Nous le savons mais nous agissons comme des ignorants

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Ce texte a été soumis à la rédaction de Haïti standard, le 16 octobre 2019. Il n’engage que son auteur dont le nom est inscrit à la fin de l’article.

Idées et réflexions

Qui ne savait pas que l’organisation politique de l’Etat et de la société est tributaire du système économique controle par un tiers?! Qui ne savait pas que l’Etat Haitien est un outil de la bourgeoisie? En ce sens, le fameux : « suivez mon regard » du président nous dit ce que peut-être beaucoup d’entre nous savaient déjà et en même temps, ce que nous feignions de ne pas savoir. Dans les deux cas, nous sommes conscients qu’une poignée de « comprador » détient le destin de la société haitienne dans ses poches. Le président, en jouant la victime, devient  l’ombre d’une frange de la bourgeoisie qui elle, jouit de certains privilèges et contrats paisiblement.

Entre le marteau (la population / les bourgeois opposants) et l’enclume (les bourgeois supporteurs et l’ambassade américaine), le premier mandataire de la nation tente de s’en sortir en créant un slogan devant l’aider à gagner du temps et semer quelques confusions. Quelques confusions; parce que la société actuelle est basée sur les parleries et non la justice. Les radios remplacent les tribunaux, et les « leader d’opinion » deviennent avocats et juges. Les choses importantes deviennent des rumeurs et les rumeurs deviennent officiellement importantes !

À force de prétendre connaître trop le fond, on discute les détails. La question sérieuse reste : pour les gens qui meurent chaque jour soit à cause de la famine, des maladies, de l’insécurité, ne devrait-on pas se concentrer sur la re/fondation de l’Etat ? Étant le souverain, la population est en droit de ne plus reconnaître Monsieur Jovenel Moïse comme président de la république, de ne plus reconnaître également les parlementaires comme tels. Car l’organisation juridique de la société devrait être articulée par et pour le « souverain » et non pour les ambassades et les bourgeois « détaillants »!

L’heure est au travail collectif, le peuple haitien doit communiquer à toutes les institutions publiques ainsi qu’au monde entier sa décision de ne plus reconnaître Monsieur Moïse comme président. Qu’ils prennent acte que Sieur Moïse représente que lui-même et sa famille, et que tout contrat ou accord avec lui, n’engage que lui. Travaillons sur une forme d’organisation de l’urgence décentralisée. Autrement dit chaque département devrait à partir de cette organisation (populaire), répondre à certaines urgences en matière de santé, nourriture et sécurité. Ce qui nous donnera du temps pour rassembler tous les secteurs, toutes les couches autour d’une table pour discuter à ciel ouvert sur l’avenir et la construction de ce nouvel État. Si nous travaillons à créer système et de la nouveauté, nous n’aurons même pas besoin de gagner les rues pour reclamer la demission du president car il ne sera plus président. Lui meme le saura et acceptera de partir de son plein gre.

Nicodem Jean Baptiste

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