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Quand la PNH crache sur les principes d’égalité et de non-discrimination basés sur le genre.

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Être ni une femme mariée, ni une maman…..
Si vous croyez, que cette phrase date de la période médiévale, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire sur quelques phrases discriminatoires existantes dans notre société contemporaine telles  » les femmes ne sont pas disponibles, elles doivent garder des enfants » « ces tâches ne sont pas faites pour les femmes » ou encore  » manman pitit pa gen tan pou etidye ». Et dire, que nous sommes en 2020, et que certaines institutions publiques ne sont pas capable de se démarquer de ces propos ou mesures sexistes.

En effet, dans une circulaire publiée par les responsables de la PNH, à la date du 04 août 2020, portant sur la formation continue des agents de la police nationale, il a été mentionné au point 7, des critères d’éligibilité que les femmes mariées et les femmes mères ne sauraient prétendre à cette formation de longue durée.

Que de préjugés et de stéréotypes dans une seule phrase. Sommes-nous vraiment entrain de revenir à la case départ?
Cette case qui limite et conditionne les femmes. Cette case qui définit et remet en question l’aptitude et les compétences de la femme en faisant en sorte que sa composition physique lui serve de barrière, en l’empêchant de jouir et d’accéder à certains privilèges.

Erreur!! Aberration!! D’aucuns disent qu’on ne saurait revenir à cette période inégalitaire où la femme ne pouvait jouir de certains privilèges par rapport à sa condition de femme. Les clichés sexistes et discriminatoires ne sauraient être classés au rang d’erreur. Car, il nous a fallu des années de combats, de manifestations pour jouir de ces acquis de liberté et d’égalité.

Cette petite phrase révèle les tréfonds d’une pensée machiste et discriminatoire, qui a du mal à ingérer l’égalité hommes-femmes dans notre société. Qui, entretemps, responsabilise la femme dans son foyer et, en déresponsabilise l’homme. En aucun cas, la condition matrimoniale d’une femme ne saurait la contraindre de renoncer à un droit acquis.

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Aux vus de ces analyses, le point 7, de cette dite circulaire est une décision discriminatoire prise par la PNH à l’égard de la femme mariée et de la femme mère. Selon les prescrits de la convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF),en son article premier, il dispose que :  » l’expression discrimination à l’égard des femmes vise toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour objet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par les femmes quelque soit leur état matrimonial, sur la base d’égalité de l’homme et de la femme, des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine. » Et, par ailleurs, l’article 2 alinéa d, de cette dite convention enjoint les États à s’abstenir de tout acte ou pratique discriminatoire à l’égard des femmes et de faire en sorte que les autorités publiques se conforment à cette obligation. A cet effet, il est plus que flagrant que cette mesure est une violation des droits de la femme. Et, en nous référant à la déclaration universelle des droits de l’homme reposant sur les principes de dignité et de non-discrimination de la personne humaine dont les articles premier et 23, obligent les États à assurer des conditions équitables et satisfaisantes de travail à tous. Ce qui sous-tend, que les États ont la responsabilité de prendre des mesures équitables et égalitaires dans le but de faciliter une bonne cohésion sociale. Alors, eu égard à ces instruments juridiques dont Haïti est signataire, On se demande, est-ce que réellement les responsables de la PNH, entend oeuvrer pour sauvegarder l’équilibre sociétale, par cette mesure d’exclusion d’une catégorie de femme?

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La PNH, étant une institution étatique à la prérogative de faire respecter et de respecter les conventions ratifiées et les lois adoptées par l’Etat haïtien.
Nul besoin de rappeler aux responsables de la PNH, qu’ils outrepassent leurs compétences en excluant tout bonnement une catégorie de femme à cause de leur statut matrimonial et des responsabilités familiales qui les incombent. Et, qui, par ailleurs, ne saurait être l’objet d’une décision administrative car, s’agissant de l’équilibre familiale, il ne revient qu’aux époux de prendre des dispositions pouvant assurer la bonne marche de leur foyer. Mais, à en juger par cette mesure, on a déjà compris que les autorités de la PNH, ont décidé de torpiller la capacité des femmes à prendre leur propre décision.

En privant une femme mariée ou une femme mère, travaillant dans une institution, à ne pas pouvoir bénéficier d’une formation continue accordée à tous les autres, à cause de son statut, on le condamne à ne pas pourvoir à un poste de décision, à ne pas changer sa condition de vie et à ne pas prétendre à un salaire plus décent. Cette simple mesure ne concerne pas seulement cette categorie de femme mais, elle est une menace pour l’égalité des chances de réussite, pour l’égalité salariale et pour la liberté des femmes des femmes mariées et des femmes mères de faire des études supérieures et de faire partie des sphères décisionnelles du pays.

Kerlande FLEURIO
Juriste- Féministe